Malgré l’interdiction réglementaire, l’industrie du drone aux États-Unis avance et anticipe la libération du ciel pour les drones à usage civil.

Si l’on en croit le rapport économique de l’UAVSI  l’industrie du drone devrait atteindre 82 milliards de dollars d’ici 2025. Cette annonce a été faite au salon SUSB Expo à San Francisco le 25 et 26 juillet dernier..

« C’est comme être dans le garage de Steve Jobs », a déclaré Bruce Parks de Agriflight.

Il existe des similitudes entre l’évolution des ordinateurs personnels, qui ont été initialement développés par des amateurs et des clubs d’informatique, et les drones  qui sont en cours d’élaboration par des ‘bidouilleurs’ qui partagent leurs informations dans les communautés open-source.

Tchad Partridge, vice-président des opérations chez 2D3 Sensing, a comparé les problèmes de l’industrie naissante des drones  aux problèmes de l’industrie automobile au tout début. Avant que les voitures modernes n’arrivent, les rues étaient considérées comme un espace public où les enfants pouvaient jouer sans égard à la sécurité. Les problèmes de sécurité ont dû être confrontés avec la réalité économique.

Le schéma suivant décrit l’impact économique du drone en 2015 aux USA (toujours d’après l’UAVSI)
UAVSI
Le plus grand marché pour les drones est  l’agriculture, avec la pulvérisation des cultures, ou le suivi des cultures, ou les deux. La plus grande économie potentielle à court terme est la réduction des intrants et l’augmentation des récoltes pour les exploitations agricoles. Beaucoup d’exposants à la SUSB Expo y croient dur comme fer.

Chris Anderson, PDG de 3D Robotics, est très familier avec le côté amateur et récréatif des drones, ayant fondé l’open-source DIYDrones.com. L’agriculture est un énorme potentiel de marché. Mais Anderson a également mentionné une autre motivation : la réglementation dans les champs peut être oubliée loin des instances de régulations

Ken Giles, une professeur de Berkley en génie agricole a présenté ses recherches sur les avantages réels des aéronefs sans pilote comme le Yamaha R-Max, un succès commercial permettant de pulvériser des pesticides au Japon. Environ un tiers des rizières au Japon sont actuellement traités par cet hélicoptère radiocommandé (mais pas autonome). Le Yamaha R-Max a été conçu pour épandre des pesticides chimiques, mais la réglementation actuelle de la FAA interdit les drones de larguer quoique ce soit, même avec un certificat d’autorisation (COA).

McGeer est président de Aerovel, société qu’il a fondée en 2006. Pour l’expo SUSB, McGeer a montré la vidéo de démonstration de l’avion phare de son entreprise, le VTOL (Vertical Take Off and Landing) Flexrotor . L’avion dispose d’une aile principale et d’un empennage en V semblable à d’autres aéronefs à voilure fixe. Mais en fait la queue se replie dans le corps du drone, permettant à l’avion de décoller verticalement comme une fusée. Aerovel a conçu le Flexrotor comme une solution pour « la surveillance météorologique, l’étude géologique et l’imagerie de reconnaissance. » Il est destiné à être polyvalent, mais aussi à faible coût, ce qui devrait lui donner un avantage sur le marché.

Une autre grande innovation mondiale révélée lors de la SUSB Expo était le plus petit LiDAR embarqué sur un drone. Un Lidar est souvent utilisé pour créer des modèles 3D de terrain, pour une utilisation de cartographie, et dans les études géologiques et archéologiques. Wolfgang Juchmann, directeur des ventes et du marketing pour les systèmes LiDAR développés par Velodyne, a cartographié la salle de conférence de l’Expo SUSB en utilisant un de leurs produits. Puis, il a montré une vidéo du même système LiDAR monté sur un multirotor montrant le Qualcomm Stadium.

La réglementation a des chances de pouvoir évoluer très bientôt aux USA. Les drones pesant deux kilogrammes et moins pourraient survoler les zones habitées, tandis que les drones entre deux et neuf kilogrammes pourraient voler uniquement sur des zones peu peuplées. Les drones  entre 9 et 25 kg seraient autorisés à voler uniquement sur les zones rurales. Ce n’est pas tant la FAA qui bloque, mais c’est plutôt l’administration générale qui se préoccupe de la vie privée.

De tous les États des USA, la Californie devrait profiter le plus de l’industrie du drone (2,3 milliards de dollars en retombées économiques d’ici 2017, selon l’AUVSI).

En France, il n’existe aucuns freins : ni réglementaires, ni techniques. Attend-on que les clients soient prêts ? L’étude UAVSI ne concernait que les États-Unis, … dommage pour le France

source : Mathew Schroyer

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